Voilà, ceci est un très long texte. Ce n'est pas une histoire avec des mots qui font mal, c'est une analyse que j'ai mis 3 mois et demie a faire, c'est la chose qui m'a mangé le cerveau. Lisez en diagonale, ne lisez pas. Peut-importe, le texte existe.
PAR QUOI ON COMMENCE ?
L'enfance est interdite. Voilà mon constat lorsque je pose un regard sur l'enfance dans le monde littéraire. Dans Le grand cahier, on doit être fort et sans vergogne pour résister à la guerre. Dans Allah n'est pas obligé, la survie passe presque automatiquement par le meurtre de ces enfants qui, pour survivre, deviennent enfants-soldats. Les enfants du roman Monsieur Butterfly subissent le même traitement puisqu'on les forme pour qu'ils entrent dans le moule et deviennent des «Nous», tout autant que pour Bérénice dans L'Avalée des Avalés qui, pour réussir à être heureuse, finira par se servir d'un humain comme bouclier puisque, de toute façon, dans ce monde «on ne peut rien contre la solitude et la peur ». Ce fait est aussi présent dans Rosalie l'infâme où l'avortement est partout, car les mères préfèrent cela à offrir à leurs futurs enfants une vie d'esclave, ainsi que pour ce cher petit prince qui préfère la morsure d'un serpent à ce monde de «grandes personnes» où seuls les adultes savent ce qui est «sérieux».
Les enfants, êtres sensibles et purs, se voient sans cesse repoussés par ce monde des adultes qui ne vivent que de profit et de désillusion. Face à la douleur provenant du monde des adultes, les enfants se réfugient dans un monde inaccessible aux grandes personnes et développent des caractéristiques et une carapace pour tenter d'échapper à la cruauté. Pourquoi agir ainsi, pourquoi forcer les enfants à devenir autres ? La peur et l'incompréhension sont une source de réponse. Malgré cette distance entre enfants et adultes, la littérature, qui est, entre autre écrite par des adultes, rend grâce à cette nature bonne de l'enfant. Dans la littérature, l'enfant symbolise cette «aspiration à cet «autre monde», à d'autres valeurs auxquelles rêve l'adulte, un monde au-delà de son univers quotidien .». Ces personnages qui sont parfois créés de toutes pièces comme le petit prince, ou parfois plus réaliste comme l'enfant dans Allah n'est pas obligé, sont des représentations, bien que parfois plus imagées, de cette magie de l'enfance, ce trait indéniable des petits qui ont des valeurs personnelles qui ne sont pas empruntées au monde des adultes. L'enfance, c'est ce monde par lequel nous sommes tous passés et où les choses avaient un sens mais, chacun d'entre nous, avons dû fuir ce monde par obligation, car l'enfance est interdite.
LE MONDE SECRET DES ENFANTS
Le personnage de l'enfant dans le roman cache une possession de connaissances, une sagesse dont lui seul est le propriétaire. C'est le cas du petit prince qui semble deviner que l'aviateur a fini de réparer son avion : « Je suis content que tu aies trouvé ce qui manquait à ta machine. Tu vas pouvoir rentrer chez toi.» L'aviateur lui répond alors : «Comment sais-tu ?». L'enfant du roman se crée une carapace pour préserver son statut d'enfant, une carapace qui peut passer pour de l'indifférence, mais qui n'en n'est pas. C'est dans leur silence que les enfants tentent de sauvegarder leur liberté : «L'enfant prend une attitude renfermée pour cacher sa vie secrète .».Ce secret de l'enfance est un moyen de défense, plus prêt du monde animal, avec lequel l'enfant communique. Le petit prince parle au renard et à la fleur. Il comprend et respecte l'ordre naturel des choses. Dans son silence il y a aussi cette notion de l'incommunicable ; certaines choses ne peuvent êtres dites de peur de les faire disparaître. C'est ainsi qu'il ne révèle pas tout de suite à l'aviateur d'où il vient.
L'enfant incompris par les adultes peut aussi sembler indifférent, voire même cruel. Le réalisme du jeune enfant semble parfois cruel puisqu'il est direct, sans nuance. Son authenticité lui permet de formuler sans crainte de blesser autrui comme le fait Bérénice lorsque le rabbi Schneider la prend sur ses genoux et qu'elle pense : «Je ne veux pas qu'on joue avec moi comme avec une chose, comme avec sa montre. Il n'y a que les chiens, les chats et quelques autres prostituées de la sorte qui se laissent tripoter. Une dinde ne se laisse pas tripoter. Pour quoi le rabbi Schneider me prend-il donc ?». L'impératif du besoin de savoir, la quête du sens des choses fait pénétrer l'enfant dans un monde de questionnement où, pour mettre les choses en relief, il doit agir et parfois, sans le vouloir, cette quête blesse autrui. C'est le cas des deux jumeaux du Grand cahier qui perçoivent et agissent de façon logique et dépourvue de sentiments. La carapace qu'ils se construisent les empêche d'être tendres ; ils agissent pourtant avec gentillesse lorsqu'ils secourent la voisine et lui disent : «Nous vous apporterons un fagot de bois tous les jours. Un peu de haricots et de pommes de terre aussi. Mais, pour le reste, il faut de l'argent. Nous n'en avons plus. Sans argent, on ne peut pas entrer dans un magasin. Il faut acheter quelque chose pour pouvoir voler autre chose .». Leurs méthodes pour obtenir de l'argent sont illégales, oui, puisqu'ils pillent mais l'idée est de faire le bien. L'enfant est pur et ses actes, qui sont jugés par la société et sa loi, le condamne au lieu de reconnaître l'évidence de sa nature généreuse. [/align]
LES CARACTERISTIQUES DE L'ENFANT DU MONDE LITTERAIRE
L'enfant idéalisé du monde littéraire porte en lui des caractéristiques précises qui trahissent sa nature presque mythique. Le regard est sa première particularité ; grâce à lui «on voit tout l'autre monde ». Les yeux du petit prince peuvent voir des choses dont les adultes sont incapables, comme lorsque l'aviateur lui dessine une caisse et qu'il nous raconte en ses mots la réaction du petit prince : «Je fus tout surpris de voir s'illuminer le visage de mon jeune juge. [petit prince ] : –C'est tout à fait comme ça que je le voulais !». Les yeux des jumeaux du Grand cahier, eux, voient tout jusqu'aux secrets des autres, celui de leur cousine à qui ils disent : «Tu as un secret. Nous en avons un aussi. Si tu ne respectes pas notre secret, nous ne respecterons pas le tien .». Leur vision des choses est sans équivoque, sertie d'équité.
Curieux, bien que craintifs d'être blessés, les enfants cherchent à comprendre. Leur regard sur le monde leur sert à se bâtir une opinion de celui-ci et il en trahit leur opinion : «Le regard de l'enfant se fait instrument de vengeance et révèle sa puissance.». Une vengeance qui n'a jamais lieu si ce n'est qu'en devenant des adultes et en agissant alors comme eux. Bérénice avant de se créer une carapace regarde le monde et souffre de ce qu'elle voit : «On regarde, tout autour, comme si on cherchait. On regarde, on regarde. On ne voit rien de bon. Si on fait attention quand on regarde comme ça, on s'aperçoit que ce qu'on regarde nous fait mal, qu'on est seul et qu'on a peur .». Suite à cette découverte, elle perçoit de plus en plus justement le monde et sa souffrance devient une arme pour la haine. Mais cette haine n'est jamais totale puisque présente dans le c½ur d'un enfant qui ne peut surpasser sa nature première. Malgré sa rancune face au monde, Bérénice reste affectée par la beauté : «Malgré la nécessité de la haïr, je suis fascinée par ma mère comme un oiseau. Je l'admire. À la voir être et à la voir faire, je suis portée à l'imiter, je sens que c'est ainsi qu'il faudrait que je sois et que j'agisse. [...] C'est une influence, un charme à rompre .».
Le sourire est aussi une particularité de ces enfants du monde littéraire. Il «traduit rarement la gaîté, parfois un bonheur mystérieux, plus souvent une attitude de liberté, de domination de soi ou d'étonnement et d'incompréhension devant la souffrance .». Le petit prince est un être mélancolique, qui se guérit par le beau comme il l'explique à l'aviateur : «Un jour, j'ai vu le soleil se coucher quarante-trois fois ! Et un peu plus tard [il] ajoutait. Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil ...». Le sourire des enfants est doux et renferme un mystère inaccessible, comme Bérénice en fait la remarque lorsqu'elle regarde son frère et son amie :« Quand ils se sourient, on dirait que leurs dents sont les dents d'un trésor caché. Quand ils se regardent, un soleil inconnu, un autre soleil que le soleil fait briller leurs yeux .»
LES MYTHES RATTACHES A L'ENFANCE
« Je pense que Saint-Exupéry rêvait surtout d'un monde meilleur. L'ambivalence de sa vision spirituelle est probablement la cause de la tristesse nostalgique que l'on retrouve dans ses ½uvres .». Un monde meilleur que celui des hommes, au-delà de leurs guerres et de leurs méchancetés, et ce monde, les auteurs le retrouvent auprès des personnages d'enfants qu'ils créent. L'enfant est un espoir en lui-même. Jean –Jacques Rousseau, dans son oeuvre L'homme qui croyait en l'homme, présente l'enfant comme n'étant ni bon, ni mauvais, mais impossible à préserver dans cet état des choses, puisque le monde des adultes (qui est défini comme comprenant la société, la famille, le milieu culturel et scolaire) a forcément des répercussions sur l'enfant ; celles-ci le forment à devenir bon ou mauvais. L'enfant n'est donc ni bon ni mauvais, mais sinon pur. Il mérite donc avec vraisemblance cette image magique qu'on lui attribue, cette glorification, car, avant d'être contaminé par la société, il représente encore une source d'émerveillement vu sa pureté. Dans certains récits, comme dans L'Avalée des Avalés, et Monsieur Butterfly, le monde décrit ainsi que le enfants sont créés de toutes pièces ; ces personnages font donc figure de mythe. Mythes selon la définition suivante : «une somme d'éléments anciens, transmis dans la tradition, traitant de dieux et d'êtres divins, de combats de héros et de descentes aux enfers, éléments contenus dans des récits connus mais qui n'excluent cependant pas tout modelage plus poussé .».
Ces enfants totalement inventés ne viennent pas du néant, ils sont une reprise de plus vieux récits, d'histoires déjà entendues et modifiées mille fois. Ils sont la version actuelle de l'histoire de la vie de Mozart, de Rimbaud, de Jeanne d'Arc ou d'Anne Frank. Ils sont les nouvelles versions de Cosette, Gavroche et d'Alice. L'enfant devient mythe d'une idée et d'une image d'un monde presque parfait que l'homme détruit à coups de qualificatifs pour les décrirent, tels que «naïfs», «faibles», «égoïstes». Mais les enfants de la littérature sont loin d'êtres ainsi. Ils sont sensibles et ressentent la douleur d'autrui, comme c'est le cas du personnage principal dans Rosalie l'infâme devant la violence faite à un autre esclave : «Je suis dans les zébrures qui l'assaillent des épaules au torse, longues traînées de boursouflures pleines de souvenirs de fers chauds et d'étampes, d'appartenances et de souffrances. Je suis dans la chica [...] des étoiles qui annoncent la fin de l'illusoire liberté. Je suis le vent qui ne peut pas bondir .». Ils sont lucides comme l'est Bérénice face à son frère : «J'aime croire que j'aime Christian mais ce n'est pas lui que j'aime. Ce que j'aime, c'est l'idée que je me fais de lui, c'est ce que je porte dans l'âme et appelle Christian que je conçois et incarne comme il me convient de le concevoir et incarner. Je sais que Christian serait autre si je le voyais par les yeux d'une autre conscience .». Conscient des choses, plus que les adultes ne le prétendent, le petit dans Allah n'est pas obligé dit même avec une certaine ironie son constat de la société en temps de guerre au Liban : « Après l'infirmerie, le colonel Papa le bon commandait l'instruction militaire des soldats-enfants et des soldats aussi. L'instruction militaire, c'était la même chose que l'instruction religieuse et l'instruction civique et ça c'était la même chose que les sermons. Si tu aimais bien Bon Dieu et Jésus-Christ, les balles ne te frappaient pas et tuaient les autres, parce que c'est Bon Dieu seul qui tue les méchants, les cons, les pécheurs et les damnés . » . Les enfants recèlent aussi des solutions à des problèmes que les adultes ne réglent pas la plupart du temps; en effet, le petit prince connaît l'amour et
« se montre toujours très humble, il excuse sa bien-aimée, explique son comportement bizarre avec beaucoup de tendresse, sans lui donner de leçon de morale (d'ailleurs Saint-Exupéry n'en fait jamais) –en allant jusqu'à se renvoyer la faute à lui-même .» Ce petit prince qui offre gentiment son amour en marchant sur son orgueil, nous apprend qu'en amour il faut faire des concessions, et qu'il faut oser risquer de se blesser pour connaître la joie d'aimer et d'être aimé. Idée puisée dans la thèse d'un étudiant allemand analysant Le Petit Prince et l'écriture de Saint-Exupéry et qui dit de ce dernier :« Saint-Exupéry veut faire passer un message qui est, à mon avis, très important : pour découvrir quelque chose de beau et de nouveau il faut savoir souffrir un peu, s'engager pour une personne que l'on aime ou un objet désiré - se croire capable de choses merveilleuses .».
Est-ce seulement l'enfant qui sait aimer véritablement ? Cela vient peut-être de cet espoir que les enfants ont et que l'adulte perd souvent. Je dis bien espoir («le fait d'attendre quelque chose avec confiance ») et non espérance («sentiment qui fait entrevoir comme probable la réalisation de ce que l'on désire »), parce que l'espoir est ce sur quoi on peut avoir un impact. Il est donc utile de croire, comme c'est le cas de Tina, la petite dont les jambes sont tournées vers l'arrière dans Monsieur Butterfly : «Tina aimait regarder par la fenêtre. J'ai remarqué qu'elle avait toujours une canne passée à un des accoudoirs de sa chaise roulante. J'en conclus que c'était la trace d'un rêve au terme duquel une canne lui suffirait un jour pour marcher. On lui avait dit à l'hôpital que c'était impossible mais elle l'avait gardée quand même .». L'histoire lui donne d'ailleurs raison parce qu'elle finira par être capable de marcher grâce à une idée de Mr. Sears, qui conservant sa foi d'enfant, initie Tina au ballet, et donne lieu à un miracle.
L'enfant donne une importance particulière à l'amitié. Il connaît la nécessité d'avoir des gens prêts de nous, à aimer, à dorloter, qui nous comprennent et qui donnent un sens à la vie. Le petit prince, lorsqu'il arrive sur Terre le premier soir, est seul dans le désert «en haut d'une montagne ; il se sent pour la première fois très seul. Désespéré, il crie vers le ciel son besoin de trouver des amis, mais seul l'écho lui répond .». Cette image sert de métaphore pour l'auteur afin d'exprimer cette solitude des hommes qui ont oublié le secret des choses. «Tout ce que le petit prince apprend à l'adulte se résume dans le message pour lequel l'enfant est venu sur la Terre – il avait un grand trésor à redécouvrir pour la Terre : l'être humain a besoin de garder une âme d'enfant pour vivre pleinement .».
L'enfant est synonyme d'espoir pour l'adulte puisqu'il le ramène aux vraies valeurs. Arrivé à l'âge adulte, l'être humain change, il entre dans la société et se transforme pour en faire partie complètement, comme l'exprime Mr. Sears dans Monsieur Butterfly : «Et puis brusquement, je suis devenu un adolescent, un moins de vingt ans et ils ont changé le Ils en Nous, j'ai appris ça. Je me suis rendu compte que je n'étais pas comme les autres, et la raison que j'ignorais alors c'est que je n'étais pas Nous. Je ne le suis toujours pas .». Mr. Sears ne s'intègre jamais, il ne change pas pour s'introduire dans le moule, et cette notion de l'enfance qu'il conserve avec lui, le voue à la solitude ; il n'est jamais accepté, car je le répète, c'est interdit d'être un enfant.
L'ADULTE PAR RAPPORT A L'ENFANT
L'adulte est sans cesse cet ennemi de l'enfant qui désire former celui-ci à autre chose que ce qu'il est. Certains, comme le personnage de Mr. Sears dans Monsieur Butterfly, résistent et restent quelque part des enfants et se retrouvent dans une situation où le choix devient difficile : «Eddie prétendait qu'on ne peut pas se battre contre tout le monde toute sa vie mais je lui ai dit que je croyais que c'était ce que j'allais faire, «tu perdras», me dit-il et j'ai répondu que je le savais bien et qui aurait voulu de la victoire de toute manière une fois perdus tous les amis. Je suis resté le même. Je ne les ai jamais revus .». Rester soi-même et refuser le moule vient aussi avec la solitude.
L'adulte est une ombre sur le personnage de l'enfant. Il est représenté comme inaccessible à l'enfant et souvent, se croyant supérieur à celui-ci, ainsi Bérénice dans l'Avalée des Avalés cultive une haine envers son médecin : «Mon docteur est aussi ferré en psychiatrie qu'en endocrinologie. Avec son tournevis à pilules, il joue dans ma tête, dans mon radiateur. Il nettoie les bougies de ma glande thyroïde. Il me dit que la pompe de mon radiateur n'aspire plus, qu'il faudra qu'il le démonte. Il se fiche de moi .». C'est la peur qui guide le mépris des adultes, la peur est leur seul maître. C'est aussi le cas des adultes et maîtres dans Rosalie l'infâme, lorsqu'une des dames demande aux autres propriétaires d'esclaves s'ils ont raison de tuer les esclaves sans preuves d'empoisonnement : «Sont-ils vraiment coupables? Demanda Mme Déracine avec un grand doute dans la voix. Nous avons si peur que nous ne réfléchissons plus .».
EN DEFINITIVE...
L'enfant, dans ce monde de grandes personnes, est dépassé, autant par le poids démographique des adultes que par leur contrôle dans la peur. Leur nature douce est incomprise car les enfants ne voit pas le beau comme futile mais indispensable comme c'est le cas de Bérénice et du petit prince dans lequel on retrouve la célèbre phrase : «C'est véritablement utile puisque c'est joli .». L'enfant qui ne fait pas encore partie de la société juge par lui-même sans utiliser le concept du futile, la beauté est évidemment un sujet d'enfant, car celui-ci, dans sa pureté, en est en quelque sorte le synonyme. Pour échapper à la pression constante du monde des adultes qui demande de grandir vite et encore plus vite, qui met les enfants dès leurs cinq ans dans la société, ceux-ci se cachent, possèdent un monde secret dans lequel l'adulte n'a pas sa place, ce qui pousse les adultes, par incompréhension, à vouloir encore plus rapidement transformer les enfants. Pour s'en sortir, on doit devenir un adulte ou lui ressembler matériellement comme le dit l'enfant de Allah n'est pas obligé : «Là-bas, les enfants de la rue comme moi devenaient des enfants-soldats qu'on appelle en pidgin américain d'après mon Harrap's small-soldiers. Les soldiers avaient tout et tout. Ils avaient des kalachnikov. [...] Avec les kalachnikov, les enfants-soldats avaient tout et tout .». Les kalachnikov sont des fusils russes qui, provenant du monde des adultes emmènent la violence dans la peur. L'enfant du monde littéraire avec ses yeux qui cachent des connaissances nouvelles et son sourire triste ressemble aux enfants réels, car il porte en lui cette distinction entre adulte et enfant.
Dans cette interdiction de l'enfance, on refrène l'enfant, on fait de lui un personnage dont il faut se méfier, mais la littérature nous livre un enfant près de la vérité, qui, à travers le mythe, donne à croire que l'enfant porte un message de bonté. On recherche en lui un monde oublié qui était beau et doux, mais dur à vivre car l'ombre adulte porte sur lui. Il est donc évident que malgré cette interdiction et ce mépris de l'enfance dans la société, l'enfant de la littérature réussit à démontrer sa valeur merveilleuse et qu'on réussit à croire, comme Bérénice, le prétend que : «L'adulte est mou. L'enfant est dur. Il faut éviter l'adulte comme on évite le sable mouvant. Un baiser qu'on met sur un front d'adulte s'y enfonce, y germe, y fait éclore des tentacules qui prennent et ne vous lâchent plus. Rien ne pénètre un enfant; une aiguille s'y briserait, une francisque s'y briserait, une hache s'y briserait .».
MEDIAGRAPHIE
Romans
ALLAH N'EST PAS OBLIGE
KOUROUMA. Ahmadou, Allah n'est pas obligé, Paris, Éditions du Seuil, 2000, 224 p.
L'AVALEE DES AVALES
DUCHARME, Réjean, L'avalée des avalés, Paris, Éditions Gallimard, 1966, 379 p.
LE GRAND CAHIER
KRISTOF, Agota, Le grand cahier, Paris, Éditions du Seuil, 1986, 168 p.
LE PETIT PRINCE
SAINT-EXUPÉRY, Antoine, Le Petit Prince, Paris, Éditions Gallimard, 1962, 93 p.
LE PETIT ROBERT 2008
ROBERT, Paul, Le Nouveau Petit Robert 2008, Paris, Le Robert 2006, 2837 p.
MONSIEUR BUTTERFLY
BUTEN, Howard, Monsieur Butterfly, Paris, Éditions du Seuil, 1987, 250 p.
ROSALIE L'INFAME
TROUILLOT, Évelyne, Rosalie l'infâme, Paris, Éditions Dapper, 2003, 137 p.
Ouvrages de références
INTRODUCTION A L'ESSENCE DE LA MYTHOLOGIE
JUNG, Carl-Gustav, KERÉNYI, Charles, Introduction à l'essence de la mythologie (L'enfant divin, La jeune fille divine), Paris, Éditions Payot, 249 p.
L'HOMME QUI CROYAIT EN L'HOMME
HOWLETT, Marc-Vincent, L'homme qui croyait en l'homme, Paris, Éditions Gallimard, 1989,191p.
UNE CULTURE DE LA NOSTALGIE
LEMIEUX, Denise, Une culture de la nostalgie (L'enfant dans le roman québécois de ses origines à nos jours), Montréal, Éditions Boréal Express, 1984, 242 p.
UN MONDE AUTRE : L'ENFANCE
CHOMBART DE LAUWE, Marie-José, Un monde autre : l'enfance (de ses représentations à son mythe), Paris, Éditions Payot, 1971, 443 p.
Site Web
STUDENTSHELP. DE, Le Petit Prince, [En Ligne], 2008, People.de Network GmbH ,
[file:///C:/Documents%20and%20Settings/Administrateur/Local%20Settings/Temporary%20Internet%20Files/Content.IE5/UVH9SQU4/Le%20Petit%20Prince%20(Referat%20oder%20Hausaufgabe)%5B1%5D.htm] (9 avril 2008).